LA BRANCHE D'ACACIA
Ernest E. Murray
Considérons la branche d'acacia comme le symbole de ce qui reste dans le monde et fleurit après la mort du corps tout en s'élevant de ce corps qui lui donne naissance.
La primitive légende égyptienne nous raconte que le corps d'Osiris, après le meurtre de celui-ci par Typhon symbole de la cupidité, de la sensualité, du désir de puissance, fut lavé sur les rives du Nil, et qu'en l'espace d'une nuit, un tamarin (arbuste de même famille que l'acacia) s'éleva du cadavre. Osiris était mort ; cependant, ce qu'il avait créé pendant sa vie ne périssait pas, mais au contraire prospérait et s'étendait.
Shakespeare a raison de dire : « Le mal que font les hommes vit après eux. » Le bien agit de même, mais le mal se concentre et s'épand plus facilement que le bien. Quand un acte est accompli, ses conséquences peuvent vivre à tout jamais. Les morts gouvernent les vivants, car ceux-ri récoltent les fruits des actes de ceux-là, en bien et en mal. Notre destinée, pour une large part, dépend de ceux qui nous ont précédés. Nos habitudes, nos vices, nos passions affectent non seulement notre propre destin mais aussi celui de la génération qui nous suit, petit-être celui de plusieurs générations.
Il s'ensuit que nous devons nous connaître sans fards, nous chercher nous-mêmes, arracher les vices et passions symbolisés par les métaux. Durant notre vie, par une conduite droite, par le précepte et l'exemple, nous plantons en nous la graine de l'acacia. Il germera et croîtra longtemps après notre départ pour le Grand Au-Delà. Agissons de telle sorte que grandisse un arbre de bonté, rendant ainsi le monde un peu meilleur par suite de notre séjour ici-bas. Et prions, avec Tiny Tim : « Seigneur, faites que ma mémoire reste verte ! »